[ ce mois-ci ]

 jan juillet-août 2018 

A l'intérieur de son travail de création et de recherche, Laurent Pichaud privilégie l'inscription d'un geste chorégraphique dans des champs non spécifiquement artistiques.
Durant cet été et automne 2018, il finalise ainsi sa démarche mon nom des habitants en collaboration avec le CDCN La Maison d'Uzès et le château d'Espeyran,
ouvre une nouvelle recherche à partir de l'oeuvre de la chorégraphe Deborah Hay, Catalogue raisonné des écrits d'une chorégraphe,
et déploie sa place d'artiste au sein du champ pédagogique en tant que professeur associé au département danse de l'université Paris 8 - St Denis.


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    PUBLICATION 
collection Nouvelles Scènes/La Manufacture, Les Presses du Réel.
Traduction et ublication : Mon corps, ce bouddhiste, Deborah Hay


  
 

 4-11 juillet 
Dirigé par Laurent Pichaud et Frédéric Pouillaude.
Depuis plusieurs années, nombre de pratiques chorégraphiques, scéniques ou extra-scéniques, s’efforcent d’inventer de nouveaux modes d’articulation de la danse au réel (social, politique, historique, spatial, etc.). À travers elles, c’est toute l’énergie contestataire de la "danse conceptuelle des années 2000", initialement tournée contre les formes réifiées du spectaculaire, qui se retrouve réinvestie au sein d’un nouvel espace critique, fait avant tout de réalités extra-chorégraphiques, apparemment sans lien avec la danse, mais avec lesquelles celle-ci s’efforce d’avoir quelque chose, sinon à dire, du moins à faire ou pratiquer.


Témoin d’un tel mouvement, ce colloque vise à inventorier les différentes facettes de ces pratiques chorégraphiques du réel, en se focalisant sur trois formes d’accès au réel: le document, le témoignage, les lieux. Par le document, qu’il soit présenté sur la scène ou qu’il alimente en sous-main les processus de création, l’acte chorégraphique se met sous la condition de certains faits et de traces antécédentes, qu’il tente de donner en partage sur le plateau; ce faisant, il rejoint aussi bien la longue tradition du "théâtre documentaire" que de ce qui, plus récemment, a pris le nom de "documentary turn" dans le champ des arts visuels. Par le témoignage, directement performé ou confié à la médiation d’interprètes, il rejoint la tradition anglaise du verbatim theatre tout en questionnant les modalités de présence scénique d’un corps non-chorégraphique, saturé de savoirs, d’inscriptions, de cicatrices et d’histoires. Enfin, par l’attention portée aux lieux dans lesquels elles opèrent, les pratiques de "chorégraphie située" (in situ, site-specific) travaillent à la création d’un geste qui s’éprouve comme une interaction continue entre le corps sensoriel et l’environnement qui le stimule et l’accueille, geste qui s’offre du même coup comme un outil d’investigation et de terrain. Ces trois dimensions ne sont évidemment pas étanches et ne sont ici isolées qu’à des fins de clarification conceptuelle et thématique.

Ce colloque associe à parts égales artistes et enseignants-chercheurs. Il entend ajouter aux formats traditionnels des communications et des tables rondes des temps de pratique et d’élaboration artistique partagés. Il s'adresse à tout public intéressé par ces questions.
 
    23 juillet - 7 août 

Austin, Texas
USA
Résidence de recherche : Catalogue raisonné des écrits d'une chorégraphe

Troisième séjour de l'année dans les archives de la chorégraphe Deborah Hay, à Austin, Texas. Cette continuité de différents séjours durant l'année permet à Laurent Pichaud d'affiner sa recherche sur les écrits de cette chorégraphe qui écrit non seulement des pièces chorégraphiques mais aussi des textes depuis les années 1970. Livres, articles, publiés ou non, témoignent ainsi d'un processus chorégraphique qui trouve dans le langage oral ou écrit un moteur et un réceptacle dynamique. Documentation sur le processus à l'œuvre, outil de transmission, textes partitionnels pour (se) faire danser, les archives regorgent de différents documents souvent oubliés par la chorégraphe elle-même.
Ce travail d'un an permet à Laurent Pichaud non seulement de préparer ces archives au don prévu à l'automne 2019 au Harry Ranson Center de l'Université du Texas, mais aussi à nourrir le travail de rétrospective : Re-perspective, que le Festival Tanz im August de Berlin prépare pour le mois d'août 2019.
 
    18-25 août 
Festival des arts vivants far°
Nyon, Suisse
atelier d'écriture : écrire en danseur

Après deux créations à l'été 2016 (l'usage du monde - le dehors et de terrain), le festival far° invite de nouveau Laurent Pichaud à investir avec un groupe d'une dizaine de jeunes artistes un espace d'écriture. Mené tout au long du festival, ce qui implique une vision générale sur tous les spectacles présentés lors de cette édition 2018, cet atelier d'écriture permet d'investir la dimension corporelle de l'écriture textuelle.

Comment interroger en effet son corps dansant sur son fauteuil de spectateur, comment faire résonner à même sa corporéité le souvenir d'un spectacle vu la veille, comment dériver dans l'espace de la ville porté par un spectacle que l'on va voir le soir, etc. Tout une série d'approche chorégraphique et textuelle sera sollicitée afin de comprendre ce jeu subtil qui se noue entre danse et écriture.